UA-82266538-1
topblog Ivoire blogs

vendredi, 16 novembre 2018

Festiv'idées 2018 : Les US Alumni, apôtres du « Be the change »

festiv'idées,us alumni,etats unis,côte d'ivoire,blog,be the change

« Be the change », cette phrase de l'anglais, signifiant « être le changement » était au coeur du Festiv’idées 2018, la conférence annuelle des anciens boursiers des programmes du gouvernement américain. Pendant deux jours, les anciens boursiers réunis au sein de l'Association des US Alumni de Côte d'Ivoire (USACI) ont appelé à un un changement positif à divers niveau de la vie ivoirienne notamment dans l’administration publique, l’éducation, les médias, les droits de l’homme, le civisme, les technologies et bien d’autres. Ils ont aussi exhorté l’ensemble des Ivoiriens à être des acteurs de changement.

Mais « Be the change » pour quoi? Parce que l’école en Côte d’Ivoire est de moins en moins privilégiée dans la course à la réussite sociale. Certains ivoiriens ayant choisi, la paresse « casanière », la tricherie aux examens au concours ou encore le broutage pour devenir riche.

« Be the change » parce que griller un feu rouge est passé pour une attitude ordinaire et normale dans les rues d’Abidjan et de bien d’autres villes du pays.

« Be the change » parce que le désir de traverser la mer méditerranée pour rejoindre l’Europe est devenu le projet de toute une famille, le projet de plusieurs vies.

« Be The change » parce qu’il est temps de solutionner définitivement des revendications des travailleurs du secteur de la santé étant donné que les malades sont laissés à leur triste sort dans les hôpitaux.

« Be The change » parce que les droits de l’homme n’existent plus que de nom.

« Be The change » parce que les transporteurs, en particulier les véhicules de transport en commun (gbaka, taxi…) ont érigé la mauvaise conduite en norme.

« Be The change » parce que les routes biodégradables sont devenues la norme.

« Be the change » parce que chez nous élections (même en 2018) continuent de rimer avec violences, saccages, morts d’hommes.

« Be the change » parce que la politique continue sa marche pour devenir pour de vrai « la plus grosse arnaque du continent africain.

 

Williams F. Akiré

samedi, 14 juillet 2018

Agriculture en Côte d'Ivoire : Abdoul Touré, le bio dans la peau

Illustration Article Portrait 01.jpgL’agriculture bio est une passion pour Abdoul Touré. Dans les exploitations qu’il a en charge comme celle d’Attiekoi entre Abidjan et Alépé, cet agrobiologiste y insuffle sa vision.

Lunettes sur les yeux, teeshirt, pantalon jean effiloché, un sac plastique en main, Abdoul touré, se faufile entre les mini-cars de transport en commun appelés gbaka, les taxis et les nombreux passants du carrefour de la gare d’Abobo. Il part faire son marché. Un marché d’un type bien particulier. Première escale, une vendeuse de gingembre en pâte, seconde étape un étal pour prendre des oignons, un autre pour du piment et direction la broyeuse. «Mon frère, ne mets pas d’eau dedans, hein», lance Abdoul au gérant de la broyeuse, dans un concert de vrombissement de moteur, de coups de hache du boucher d’à côté, le tout enrobé des odeurs de légumes, de poissons frais et de viande fraîche et les pieds plongés dans la boue de la pluie de la veille.

La précision et l’insistance de ne pas mettre d’eau dans son mélange, est le chemin à suivre dans la conquête de ce monde bio à l’ivoirienne et fait par des ivoiriens dont rêve ce jeune homme de 31 ans résident du quartier de Williamsville, dans la commune d’Adjamé. Et pour cause, ce mélange est destiné à faire office d’engrais et de pesticides naturels sur un projet agricole. « Personnellement, l’agriculture telle que faite de produits chimiques, ne m’intéresse pas » justifie le natif de Marcory. Le tour de broyeuse terminée et les 50 fcfa remis au gérant pour régler la note, cap est mis sur la gare d’Attiekoi, où se trouve l’actuel projet de cet agro biologiste de 31 ans. Attiekoi, village situé à 47 minutes de route d’Abobo sur l’axe Abidjan – Alépé, abrite un projet de plantation de choux dont Abdoul Touré est le maitre d’œuvre. Fini la voie bitumée, place à la route villageoise et ses nids de poules. Quelques minutes plus tard, Abdoul Touré descend du véhicule pour s’engouffrer dans un chemin de brousse menant à l’exploitation.  

Au menu de cette journée, débroussaillage et traitement des plants de choux avec les ingrédients achetés au marché d’Abobo. Un peu de gingembre, une poignée de purée d’oignon et de piment et la bombonne de désinsectisation est prête. A coup de ce cocktail aux allures de sauces du repas de midi, il met hors d’état de nuire les insectes présents autour du site de culture. « Utiliser des produits chimiques serait du gaspillage une vraie perte de temps et d’argent », affirme celui-ci  avec confiance, avant de poursuivre en disant « c’est mieux d’utiliser des intrants naturels et d’exploiter des compositions botaniques  d’autant  plus qu’en termes de ravageurs on arrive à les gérer ». Sur cette exploitation d’un hectare qu’il gère pour le compte d’un client, les engrais sont à base de copeaux de bois ou encore de bouse de vache. Le sol pour sa part a été travaillé et rendu inattaquable avant le démarrage du projet toujours à l’aide d’éléments naturels.

 A Attiekoi, Abdoul Touré est connu. Il a enseigné sa passion pour le bio à deux promotions de jeunes agriculteurs dans le cadre des actions de l’office ivoirien pour la promotion de l’agriculture biologique. Parmi ces disciples, Ghislain et Bernadette. Debout derrière sa presseuse de manioc d’attieké, Bernadette remercie Abdoul Touré pour le savoir dispensé et se souvient encore qu’avant elle avait du mal à lire à plus forte raison parler de l’agriculture biologique. « Vraiment merci beaucoup, j’ai reçu mon attestation et je pense que je peux aller de l’avant désormais. », affirme pleine d’espoir en l’avenir celle-ci.

Aujourd’hui, le combat d’Abdoul Touré est d’instaurer un label bio, made in Côte d’Ivoire. Pour lui, le bio a toujours existé en Afrique et en Côte d’Ivoire mais cela a été perverti par l’usage de produits chimiques. Or produire bio et manger bio tend à s’imposer de plus en plus au vu des exigences diététiques et médicales.Pépinières de choux.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Williams F. Akiré