UA-82266538-1
topblog Ivoire blogs

lundi, 04 février 2013

« Construisons l’avenir avec le teck et l’hévéa et mourons de faim demain »

forêt, teck, hévéa, producteur, faim, criseDepuis quelques années en Côte d’Ivoire, c’est la course à l’hévéa et à bien d’autres projets tels que les plantations de teck. Et pourtant, la planète toute entière et la Côte d’Ivoire en particulier est dans un contexte de raréfaction des denrées  alimentaires. Les crises de la faim frappent sur tous les continents pendant ce temps là, des hectares de forêt sont « brûlés » pour des soucis de rentabilité économique. C’est cela la course à l’argent par l’hévéa et le teck.

Désormais, dans les régions forestières, les plants d’hévéa ont pris la place des champs de manioc, de banane, de tomates… C’est sans étonnement donc que les prix des denrées alimentaires flambent sans cesse. Tout le monde veut l’argent en liquide or comme le dirait les abidjanais « C’est pas l’argent on mange ! » Depuis quelques jours, une affiche fait lire « Avec le teck, construisons l’avenir », slogan d’incitation à la pratique de cette culture. On pourrait dire aussi que le teck ne se mange  pas, car avec pareilles opportunités il s’annonce d’autres déferlantes sur les parcelles de terres non encore usitées.

Si les ivoiriens ne peuvent plus manger leur attiéké parce que le prix du manioc subit une augmentation exponentielle, cela serait inquiétant. Mais c’est ce danger qui guette malheureusement les populations. Les cultures de base pour l’alimentation sont aujourd’hui délaissées au profit de ces nouveaux projets. Dans les campagnes, désormais c’est « plus un pas sans plantation d’hévéa ! ». Les fonctionnaires sont aussi dans la danse afin de tenir la route surtout que le salaire n’en est plus un. Chez les vendeuses d’alloco ou d’attiéké ou dans les marchés, le refrain est le même : « ya plus banane oh ! » « On gagne pas aubergine hein ! ». C’est vrai maintenant on a plutôt de l’hévéa et ses compagnons.

Ces cultures ne sont pas mauvaises en soi mais lorsqu’elles sont ouvertes à tous et qu’elles deviennent la cible des gens qui veulent devenir riches, les choses se compliquent. A de l’embellie du cacao, les paysans n’avaient pas tout donné au détriment des denrées alimentaires de base. Mais aujourd’hui, les producteurs de cacao eux-mêmes sont passés aussi en mode hévéa. Construisons l’avenir avec l’hévéa et le teck et mourrons de faim, si c’est cela le projet de vie d’une nation.



Williams F. Akiré

willardofian@live.fr

@WilliamsAKIRE

mardi, 23 octobre 2012

675 millions FCFA pour renover en partie l'Assemblée Nationale: Que devient l'Hôtel des députés de Yamoussoukro?

Parlement-de-Yamoussokro.gifLes députés ivoiriens viennent de receptionner leur hémicycle renové alors que l'Hôtel des députés de Yamoussoukro est en "souffrance". L'administration est une continuité pourtant.

Les administrateurs disent partout que l'administration est une continuité. Les hommes d'Etat aussi disent que l'Etat est une continuité. Mais qu'en est-il de l'Hôtel des députés de Yamoussoukro, construit par Laurent Gbagbo, le past Chef d'Etat ivoirien? La question  a besoin d'être posée quand on connaît la récente actualité du Parlement ivoirien.

Il ya une semaine, Guillaume Soro le président de l'Assemblée nationale recevait les clés de l'hémicycle renové à la suite des dégâts subis suite à la crise post électorale "Nous avons voulu sobre cette cérémonie de remise de l’hémicycle qui marque la fin de la première phase de réhabilitation de notre Parlement. Je suis plutôt satisfait de voir l’hémicycle totalement réhabilité avec des outils modernes qui permettront aux députés ivoiriens de gagner du temps mais aussi d’être dans l’ère du temps. Cela signifie qu’on ne sera plus obligés d’aller à Yamoussoukro pour clore nos sessions. On fera tout ici et ce sera plus aisé" déclarait le député de Ferkessedougou commune pour dire que la question de l'Hôtel des députés n'est pas encore à l'ordre du jour. La facture 675 millions de francs CFA rien que pour la première phase.  

Question une nouvelle fois: que devient l'Hôtel des députés de Yamoussoukro? Finaliser le démenagement des élus du peuple vers la capitale politique aurait pu éviter pareille facture dans la poche du contribuable. Surtout que le pays sort peu à peu de la mauvaise passe de la crise. La continuité de l'Etat et de l'administration revendiquée et prônée semble être inspirée par des intérêts. 

La conséquence sur cet édifice qu'est l'Hôtel des députés risque d'être plus pesante. La ruine et la question de l'entretien l'ont dans leur viseur. Et pourtant, il commençait à redonner fière allure à la capitale et en plus c'est encore l'argent du contribuable qui l'a construit. combien coutera la deuxième phase de la renovation de l'Assemblée nationale? 

L'Etat est une continuité. L'adminsitration est une continuité. Phrases, expressions ou faits concrets? Une question pas à l'ordre du jour.