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mardi, 23 octobre 2012

Le phénomène des "brouteurs" devenu "normal" en Côte d'Ivoire

brouteur1.jpgLe phénomène des brouteurs prend de l'ampleur en Côte d'ivoire. A la base, la course vers le gain facile et sous le regard "complice" de tous.

Plus un cyber sans brouteur! Plus un quartier sans ses brouteurs! Dommage pourrait-on dire mais le phénomène des brouteurs, ces délinquants et arnaqueurs du net sont aujourd'hui un "corps de métier" comme tous les autres tant l'indifférence est totale. On surprend désormais des gamins en train de rêver devenir brouteur. Des élèves en tenue kaki passent leur journée d'école au cyber pour entretenir "leurs blancs". Certains parents offrent désormais le bureau à leurs  enfants "nouveaux travailleurs". Avec le" Wes" ou l'argent reçu (Western Union), des "brouteurs" s'offrent le matériel de travail: ordinateur portable et conexion internet. Ainsi à la maison, à l'abri des regards et avec la caution de leurs parents ceux ci travaillent. Le fruit de ce "travail" est bien sûr partagé par tous et souvent sert pour tenir la route dans la famille. 

Dans les cybers, même décor et même "complicité". Chacun cherche son intérêt dirait-on et c'est bouche bée qu'on travaille. A Abobo, un cyber situé derrière le bureau de la poste, affiche "accès interdit aux sites pornigraphiques et d'arnaque" et pourtant tous les clients du cyber présents à ce moment là sont des brouteurs. Drôle de mise en garde. 

Dans les coins chauds de la ville, les brouteurs figurent aussi en bonne place. Leurs noms et sobriquets ... CFA, ... BCEAO, ...Euros font la pluie et le beau temps dans les compositions des DJ et dans les propositions musicales des bars et maquis.

brouteur_crime_bonoua.jpgbrouteur.jpgRéaction? La question mérite d'être posée mais a du mal à trouver réponse tant les théories sont grandes en matière de lutte contre ce phénomène.  La seule action encore à l'esprit de tous les ivoiriens, c'est l'arrestation du jeune brouteur de 18 ans à Bonoua répondant au nom de Bony Evra. Arrestation survenue suite à la prise en flagrant délit de ce dernier en train de dépecer tel du gibier un enfant de 5 ans dans une broussaille. Cependant, nombreux sont ceux là qui passent par tous les moyens et usent de toutes les pratiques pour atteindre leurs désirs de paraître et de gagner de l'argent facilement. En réalité, c'est cela le but de cette activité. Faire la "prodada" et mener une vie avec tous les excès. 

Le mal est réel et il risque d'emporter la société toute entière. la culture de la paresse est à l'ordre du jour, la culture du gain facile est devenue la norme, la peur des choses mystiques est dépassée. Le constat est clair mais nul ne semble s'en inquieter. Sauf quand l'un de ces nouveaux travailleurs tombent dans la démence ou paie l'effet boomerang de ses pratiques.


Williams F. Akiré

willardofian@live.fr

@WilliamsAKIRE

mercredi, 03 octobre 2012

Médias : Les conditions de travail des journalistes et la qualité de l’information

Les conditions de travail des journalistes déteignent sur la qualité de l’information diffusée dans les médias. Et c’est cela le plus gros des problèmes de la presse ivoirienne.  Le salaire…

 

Séminaires, ateliers autant de programmes mis sur pied pour  dit-on l’amélioration de la qualité de l’information et pourtant… La qualité de l’information n’est-elle pas liée aux conditions de travail des journalistes ?

En réalité, l’idée selon laquelle « petit l’argent égal à petit travail » sied bien au monde de la presse. Le salaire, bon nombre de journalistes ne l’ont qu’en fiction. Plusieurs de travail et jamais de salaire, triste mais c’est une réalité inerante à la vie des journalistes ivoiriens. Dans la rédaction d’un quotidien de sport de la place, à la question de savoir combien touche les journalistes comme premier salaire chez vous, un journaliste a répondu «  Je ne sais pas exactement. Souvent je reçois 30 000 francs CFA pour dit on la prime  de transport » et pourtant au quotidien ce journaliste fournit les colonnes de ce quotidien qui se targue d’être le numéro un de son secteur.

Dans certaines rédactions, il arrive que les journalistes eux-mêmes paient leurs frais de transports pour aller en reportage. Comment arriver à une  information de qualité si le journaliste doit pour joindre les deux bouts vendre sa crédibilité à une tierce personne qui veut bien paraître sans le mériter dans un article ? Les journalistes en Côte d’Ivoire à l’exception de quelques-uns  exerçant dans trois quatre organes de presse et les médias d’Etats, vivent au jour le jour. Les mots semblent durs mais les patrons d’organes de presse apparaissent comme les premiers bourreaux de leurs employés. Sans contrat, sans assurance, sans couverture sociale, les journalistes travaillent comme ils peuvent. A ce jeu-là, on rend l’information selon ce qu’on peut recevoir de telle ou telle personne interviewée ou sujet de l’article ou du reportage. Et cette réalité est celle vécue au quotidien par bon nombre de journalistes ivoiriens. En général, les patrons se taillent la part du lion des bénéfices et les artisans de ce succès ne reçoivent que des miettes.

Avec des conditions de vie et de travail pas extraordinaire mais juste acceptable, la qualité de l’information s’en verra améliorée car la dépendance des perdiems offerts par des personnes sera plus faible. Si on ne vit plus des perdiems, on ne dépend pas de quelqu’un et si c’est le cas l’information devient indépendante et donc de qualité.

 

Williams F. Akiré

willardofian@live.fr

@WilliamsAKIRE